« Il est malade… »

En considérant l’alcoolisme comme une maladie, on place de fait son règlement sur le terrain de la médecine, par construction pourrait-on dire. Dès lors, il s’agit en premier lieu de « remettre en état de marche » des organismes dont le fonctionnement a été altéré par les consommations d’alcool.

Même lorsque le concept de maladie est étendu à l’ensemble du champ bio-psycho-social, par essence il est toujours question d’une démarche à visée fonctionnelle : résoudre les méfaits pour revenir au fonctionnement ordinaire dans toutes ses dimensions. Les préoccupations sur la genèse de la problématique ne peuvent être que secondaires, en tout cas ni prioritaires ni urgentes comme peuvent l’être le traitement des désordres. Et c’est bien ce que la société attend de tous les intervenants, finalement tournés vers cette mission. Toutes leurs compétences, formations, savoirs et pratiques, leurs fonctions et leurs organisations, sont nécessairement orientées vers le traitement des désordres…

…Et nous en avons grand besoin !

Ce faisant, il ne peut y avoir beaucoup de place pour la prise de recul et ce n’est d’ailleurs pas « ce qui est demandé ». Il n’est guère possible alors d’apercevoir en amont des méfaits, les bénéfices résultant des effets psychotropes et tout ce que cette reconnaissance pourrait apporter. Sur un plan général, la principale conséquence est que le concept de maladie exclut de fait celui de vulnérabilité à laquelle peuvent répondre les propriétés psychotropes. Or tous les êtres humains sont vulnérables, la maladie n’étant qu’une des formes que peut prendre la vulnérabilité. Ils sont par conséquent susceptibles de recourir à un psychotrope ou un autre, de manière ponctuelle ou continue, parfois de développer une addiction. En s’intéressant à cet angle de vue, on peut donner une extension considérable aux termes des problématiques addictives : leur fondement, leur dynamique, l’étendue de leur impact potentiel sur la population, etc … Et on ouvre aussi d’autres perspectives et d’autres moyens de leur faire face. Hélas, cela ne semble pas possible tant que les « méfaits à traiter » campent ainsi sur le devant de la scène, monopolisant toutes les attentions dans l’immédiateté.


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