Psychotropie – Les 3 étages d’une possible fusée

Avec le présent texte, j’inaugure aujourd’hui une série de billets qui ont le même objectif de tenter d’éclairer du mieux possible le concept de psychotropie et toutes ses implications.

A mon sens, il est élémentaire de considérer que cette dimension est déterminante dans la nature de la relation que les personnes sont susceptibles d’établir avec un psychotrope comme l’alcool. Pourtant, si l’on connaît depuis longtemps l’existence de cette propriété que possède divers produits, il me semble qu’on ne mesure pas correctement la puissance qu’elle détient, tant sur le plan individuel que collectif, jusque dans le fonctionnement des groupes sociaux. Le tropisme des méfaits que j’ai évoqué tout au long des billets précédents joue évidemment un grand rôle dans cette méconnaissance et je propose – dans les 6 ou 7 billets qui suivent – de suspendre provisoirement l’attention que l’on porte à ces méfaits pour pouvoir appréhender sans réserve le monde de la psychotropie. On ne les oubliera pas pour autant et il me semble que le regard qu’on leur portera ensuite s’en trouvera peut-être transformé, en tout cas, je l’espère…

D’abord, voyons donc le concept de psychotropie lui-même.

La psychotropie peut se définir simplement comme l’action d’une substance sur le psychisme, sur l’état intérieur. On utilise aussi son synonyme « psychoactivité » et l’on parle indifféremment de produits psychotropes ou de substances psychoactives.

Cette action sur le psychisme modifie différentes « instances » : des milliards de neurones jusqu’au plan relationnel. Elle concerne les capacités cognitives (mémoire, imagination, raisonnement, planification, etc), les émotions, les perceptions et sensations, l’humeur de la personne. Sur le plan du vécu d’une personne, elle modifie en premier lieu son état de conscience, modification qui influe ensuite en cascade son comportement puis sa relation à autrui. Bien entendu la nature et l’impact de ces modifications seront variables selon les personnes et les quantités ingérées. Elles pourront conduire à un véritable bouleversement de la personnalité ressenti positivement chez certains, tandis que d’autres seront peu touchés, voire perturbés négativement.

Pour illustrer ce billet, je vous propose une courte vidéo reprenant un extrait de mon intervention à la journée INSERM / Associations du 15 décembre 2020 sur le thème « Comment faire évoluer la représentation sociale du risque ? » (vidéo n°2 : « Le psychotrope alcool, c’est quoi ? » de la playlist « Apport du concept de psychotropie »). Dans de prochains billets, d’’autres extraits vidéo compléteront cette première présentation.


En savoir plus sur Par-delà les alcoolismes

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

En savoir plus sur Par-delà les alcoolismes...

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture