
La grande méconnaissance de la notion même de psychotropie (voir le billet « Psychotropie. Une perception courante inconsistante ») rend difficile, sinon impossible, l’évocation des nombreux aspects qu’elle recèle. On peut néanmoins dresser un inventaire sommaire de ses propriétés.
Gamme des effets psychotropes. Au-delà des effets agréables et plaisants qui peuvent se révéler dans un contexte convivial, la gamme des effets psychotropes est très étendue. Suivant les personnes et les quantités ingérées, ils permettront de surmonter la souffrance ou de participer à la convivialité ambiante, de passer à l’action ou au contraire de supporter l’inaction ; etc
Inégalité devant la psychotropie. Tout le monde ne les vit pas de la même façon – ni en nature, ni en intensité –, ils ne répondent pas aux mêmes enjeux des uns aux autres et, de ce fait, seront déterminants dans l’installation ou non d’une relation suivie ou épisodique (voire inexistante) avec ce produit.
Composante physiologique. Ces impacts variés sur l’état intérieur de la personne se prolongent d’effets neuro-végétatifs d’intensité et de nature également très variables. Ils peuvent être insignifiants pour certains et passer inaperçus ou, au contraire, bouleverser le métabolisme et être tout à fait décelables (comme dans l’arrêt de la tachycardie, du rougissement du visage, de l’oppression respiratoire, etc).
Correspondance entre contexte et recherche d’effet psychotrope. Dans certaines situations la même personne peut ressentir le désir d’utiliser le psychotrope alcool, et nullement dans d’autres. De plus, lorsque ce désir est présent, ce ne sera pas systématiquement pour obtenir les mêmes effets.
Correspondance entre quantité et effet psychotrope. Pour une personne donnée, à une quantité d’alcool ingérée – qu’elle soit faible ou importante – correspond un effet psychotrope. Si celui-ci apporte un bénéfice à la personne, une recherche empirique de la quantité peut se mettre en place pour la retrouver.
Caractère évolutif des effets. La nature de l’effet psychotrope empiriquement recherché par une personne peut évoluer dans le temps : 1°) au cours d’un même épisode d’alcoolisation et par choix, si elle décide d’obtenir des effets successifs différents ; 2°) dans le long cours et indépendamment de ses désirs, la correspondance quantité/effet va se modifier : le même effet nécessitera des doses plus importantes (phénomène de tolérance), d’une part ; la nature des effets changera (de « être bien » et s’épanouir à « être moins mal » et se dégrader), d’autre part.
La vidéo n°3 « Méconnaissances des incidences individuelles de la psychotropie » de la playlist « Apport du concept de psychotropie »), publiée en décembre dernier, passe en revue ces différentes propriétés. La vidéo n°4 « Méconnaissances des incidences collectives de la psychotropie » accompagnera le prochain billet.
