Vulnérabilités et forces : de possibles métamorphoses !!

Bonjour à tous !

Dans la métaphore de l’escargot (billet « les révélations d’un escargot baladeur ») qui passe de la zone sèche à la zone humide, je voulais illustrer le fait qu’une vulnérabilité peut devenir une force… et inversement.

Transposées dans le champ des addictions et la pratique de l’accompagnement, ces possibles transformations – dans un sens ou dans l’autre – me semblent apporter d’intéressantes perspectives.

Ainsi, ce que la personne vit comme des vulnérabilités inhérentes à sa personne, des fragilités, voire des faiblesses, peuvent devenir des forces à la condition que les unes et les autres soient regardées pour ce qu’elles sont : des configurations de la réalité. C’est d’ailleurs souvent l’attitude empirique qu’adoptent les personnes, au début de leur démarche, lorsqu’elles agissent sur les contextes en évitant spontanément certaines situations (comme la fréquentation de lieux ou de personnes qui leur sont potentiellement dangereuses par exemple). C’est aussi la même attitude qui commande la mise en place de moyens pour surmonter la réalité (comme le fut – pour un temps – l’utilisation du moyen psychotrope !). Dans toutes ces situations la vulnérabilité n’est plus perçue comme une fragilité inhérente à la personne, elle ne l’entrave plus et la personne peut alors développer ses stratégies propres.

Hélas, le plus souvent, la réalité s’impose à nous et parfois très durement. Ainsi, la perte de liberté et les contraintes en général, peuvent entraver la recherche de moyens et de nouvelles stratégies, empêchant alors la transformation d’une situation de vulnérabilité en situation de force.

Il faut aussi relever le fait que c’est parfois nous-mêmes qui érigeons nos limites, nos propres prisons. Il en va ainsi lorsque la mauvaise perception que l’on a de soi-même devient une disposition qui peut constituer une vulnérabilité constante, insensible aux variations de la réalité : « quel que soit la réalité, je ne suis pas à la hauteur ». L’idée de vulnérabilité inhérente à la personne a de fait été intégrée comme élément intangible de son idiosyncrasie. Elle est alors assimilée à une fragilité voire une faiblesse par la personne qui s’emprisonne alors dans des limites qu’elle a elle-même établies.

C’est comme si la personne se trouvait prisonnière de deux enceintes concentriques qu’il lui faudra franchir l’une après l’autre : les propres barrières qu’elle se met en se méjugeant, les barrières de la dépendance qui se sont peu à peu refermées sur elles-mêmes.


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