La grande trahison

Bonjour à tous !

Tous les bénéfices découlant des propriétés psychotropes de l’alcool, tant pour la personne que pour les groupes dont elle est membre (famille, travail, quartier, etc..) ont une durée variable des uns aux autres. Ils durent tant que les effets psychotropes durent. Mais pour cela, il faut que la personne augmente les doses ingérées.

C’est le phénomène de tolérance, longtemps insensible. De plus l’efficacité du psychotrope conduit souvent la personne à l’utiliser de manière croissante dans des situations diverses et variées.

Au total, l’élévation des volumes consommés va accroître l’incidence des propriétés toxiques du produit. Lorsque le seuil de tolérance est atteint (la personne ne peut plus augmenter les doses sans risquer le coma éthylique (ou la mort)), non seulement la toxicité va se révéler mais les effets psychotropes vont s’estomper pour finalement disparaître.

Dès lors, plus rien ne va se dérouler comme avant : la personne ne peut plus surmonter ses situations de vulnérabilité et les désordres physiologiques, psychologiques, relationnels vont se multiplier et s’aggraver au fil du temps. Les groupes se détournent de plus en plus d’elle puisqu’elle ne peut plus répondre à leurs attentes, quelle que soit leur nature.

L’ami psychotrope a cruellement trahi.

Ce nouvel épisode commence souvent par les manifestations du syndrome de sevrage (tremblements, crampes, suées nocturnes, etc…) et se poursuit par des comportements inadaptés, voire déplacés, résultant souvent d’ivresses inattendues. Bien entendu, avec la poursuite des alcoolisations, les méfaits s’accentuent : la tolérance s’effondre, les atteintes organiques et fonctionnelles apparaissent et s’aggravent.

De son côté la personne ne pourra comprendre ce qu’il lui arrive, ça a tellement « bien marché » jusque-là. Elle adhérera elle-même à l’idée qu’on lui a si souvent serinée qu’elle ne sait pas gérer (voire « se tenir » !) et se jugera sévèrement comme étant dans l’inconduite. La culpabilité apparaîtra alors et sera source de nouvelles recherches de la psychotropie… qui ne marche toujours pas, à son grand désarroi. Elle tentera – longtemps parfois – de diminuer ses consommations ou de les arrêter et souvent elle échouera, il lui est devenu si difficile de retourner dans le réel ordinaire. Un sentiment d’impuissance se fait jour. Il est vrai que ses ressources propres, auxquelles se sont substitué les effets psychotropes pendant des années, se sont altérées du fait de leur non-usage … Tout ce vécu renforce le doute de soi, souvent préexistant.

Bien sûr, toutes les personnes en difficultés avec un produit comme l’alcool ne suivent pas la totalité de ce parcours, mais l’extérieur n’en retient que les conséquences les plus avancées ainsi que leur dimension individuelle, oubliant le rôle qu’il a pu parfois tenir dans la mise en place de la relation de la personne au produit, avant ces conséquences.


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