L’arrière-plan des « Autres »

Bonjour à tous!

Dans leur confrontation permanente au réel on peut voir les personnes comme des individualités isolées. C’est un peu ce que pouvait laisser suggérer mon post précédent « Le réel en pleine face ». Cependant, les personnes ne sont jamais seules, la réalité environnante incluant généralement les « Autres » (qui ne sont donc jamais bien loin !).

Nous sommes rarement seuls totalement puisque nous évoluons dans de nombreux groupes comme la famille, les amis, le quartier, le travail, l’association, la société entière, etc. Et cela est bien entendu également vrai lorsqu’il n’y a pas de proximité physique. Nous avons tous des tâches à accomplir, des rôles à jouer, des fonctions à tenir, des missions à atteindre, etc. Ce sont toutes sortes de réponses que nous devons donner à tous ces « Autres », quelle que soit la distance spatiale ou temporelle qui nous sépare d’eux. Cela signifie que lorsque nous nous confrontons au réel, le plus souvent nous nous confrontons en fait aux Autres et à leurs attentes, consciemment ou non…. Les attentes d’autrui sont donc des éléments constitutifs importants de la réalité à laquelle nous devons faire face.

Ces attentes sont de diverses natures. Elles sont parfois si insignifiantes, si routinières ou si faciles à satisfaire que nous n’en avons pas même conscience. D’autres au contraire peuvent engendrer des difficultés plus ou moins grandes et nous placer en situation de vulnérabilité si nos capacités, nos dispositions en général, ne peuvent y répondre pleinement. Elles ont aussi un statut d’exigibilité différent car elles peuvent aller du simple souhait facultatif à l’injonction impérative et n’auront donc pas le même niveau de conséquences en cas de non-satisfaction.

Ces deux paramètres – nature et exigibilité des attentes des Autres – peuvent effectivement conduire à des situations de vulnérabilité, d’abord parce que la personne ne peut surmonter la situation, ensuite parce qu’elles seront suivies de la désapprobation des Autres, d’un groupe ou l’autre, du fait de la non-satisfaction de leurs attentes. En toute logique, les deux conséquences risquent de prendre encore plus d’ampleur si l’exposition à la même situation difficile se répète. Ainsi, au fil du temps les « échecs » successifs de la personne produiront chez elle un ressenti de mal-être, une accentuation de la désapprobation chez les autres, suivie encore d’un auto-jugement négatif. Puis, de « ce que l’on me demande est trop difficile pour moi », le ressenti peut devenir « je ne suis pas capable » ou pire, « je suis nul ». Là le doute de soi s’installe comme nouvelle source d’échecs.

Et c’est dans ces conditions que l’on jugera la personne inapte, faisant de la vulnérabilité pourtant née « hors d’elle », dans un contexte donné, une composante individuelle ancrée en elle.

Les effets psychotropes d’un produit sont-ils aussi illusoires qu’on le dit habituellement pour s’extraire de ce processus délétère ?


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