Sortir de la culpabilité !

Bonjour à tous !

Une personne qui désire s’affranchir de son alcoolo-dépendance se trouve en butte à de multiples problèmes dans tous les compartiments de sa vie. De natures diverses, ils se sont accumulés au fil du temps au point que, souvent, la personne ne sait plus « par quel bout commencer ».

Pour se confronter à cette masse de méfaits à régler dans laquelle elle se débat parfois depuis de nombreuses années, il lui faut mobiliser toute son énergie dans la perspective d’un changement radical de « mode de vie ».

Tout cela peut lui faire peur, la freiner dans sa démarche, voire la pousser à renoncer et retourner vers ce qu’elle connaît, même si cela est dorénavant fait de douleurs et de souffrances. S’y ajoute encore le fort sentiment de culpabilité « d’en être arrivé là » et de ne pas être capable de s’en sortir, souvent avivé par des réalcoolisations dévastatrices. Les questions que se posent la personne peuvent aller de « Est-ce que j’en suis capable ? » à « Est-ce que ça en vaut la peine ? », voire « Est-ce que j’en vaux la peine ? ».

Pour s’engager pleinement dans sa démarche, il apparaît donc essentiel que la personne puisse avoir un minimum de considération pour elle-même et, pour cela, la première condition est sans doute de sortir de la culpabilité.

Le concept de psychotropie peut puissamment y contribuer et pour au moins trois raisons. En effet, la personne n’a évidemment pas « choisi »

  • la vulnérabilité, produit de la rencontre entre ses dispositions propres et la réalité,
  • la qualité et la force des effets psychotropes, pour elle puissantes réponses à ces situations de vulnérabilité,
  • la tolérance, phénomène physiologique conduisant à augmenter les doses pour obtenir toujours ces mêmes effets.

Dans ce processus, la place grandissante du psychotrope dans sa vie a augmenté les incidences toxiques sur l’ensemble du plan bio-psycho-sociologique. Si, dans un premier temps, elle a élu les effets psychotropes, elle n’a pas recherché les conséquences négatives qu’elle subit ultérieurement. Pourtant, c’est souvent ce qu’elle retiendra, se conformant inconsciemment au discours ambiant si ancré en elle. Elle ne pourra alors expliquer sa problématique qu’en l’interprétant comme une succession « d’écarts de conduite » ou « une incapacité à gérer ses consommations », sources de sa culpabilité.

Dans le cadre de la relation d’aide, si le premier rôle de l’accompagnant est de recueillir son récit de souffrances, il me semble essentiel qu’à un moment ou un autre, il puisse lui faire découvrir l’importance déterminante que les effets psychotropes ont pu prendre dans sa vie, même si cette période est à présent très éloignée de son vécu actuel de souffrances.


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