
Bonjour !
De quelle « matière première » dispose-t-on pour donner de la consistance au message évoqué dans la récente publication « Les deux volets de la prévention » ? Manifestement les possibilités ne sont pas les mêmes suivant que l’on parle du volet « méfaits » ou du volet « Bénéfices »
Pour ce qui concerneles « Méfaits » (« voyez les risques que vous pouvez courir avec l’usage d’un psychotrope comme l’alcool »), la littérature est abondante : c’est le domaine de la prévention classique qui consiste essentiellement à montrer les conséquences néfastes des alcoolisations (aiguës ou chroniques) pour inciter à s’en détourner. S’appuyant sur des réalités incontestables, cette stratégie de prévention a un impact certain sur une grande partie de la population[1]… Elle est utilisée depuis les origines avec l’antialcoolisme et sa pédagogie de la peur des méfaits. On peut dire qu’elle est l’une des traductions du tropisme des méfaits.
Pour ce qui est des « Bénéfices » (« Observez que plus « c’est bon » maintenant, plus c’est dangereux de manière immédiate ou de manière différée »), ce sont tous les effets psychotropes ressentis qui peuvent être pris en compte comme autant d’indicateurs. Mais sur ce plan, la « matière » est pauvre dans la littérature. Il convient donc de procéder à un large auto-questionnement individuel sur la nature de la relation que chacun établit avec le produit. A partir de ces questions et de bien d’autres sans doute avec toutes les nuances d’intensité du ressenti, il apparaît possible de détecter l’importance que les effets ressentis représentent pour une personne donnée. D’autant que certains éléments objectifs sont de nature à les éclairer dans cette « détection », en particulier les transformations neuro-végétatives qui peuvent avoir lieu. C’est en effet ce qui se produit sur le plan du corps qui peut prendre le plus d’évidence (le plus tangible) notamment par leur soudaineté et leur ampleur, la psychotropie pouvant agir de manière très rapide et très puissante.
La série de vidéos « Apport de la psychotropie », tentait d’aider cet auto-questionnement en mettant au grand jour diverses propriétés du psychotrope alcool. Elle reprend les séquences de mon intervention à la journée INSERM / Associations du 15 décembre 2020 sur le thème « Comment faire évoluer la représentation sociale du risque ? ».
[1] Mais beaucoup moins lorsque le recours au psychotrope alcool a pris le statut d’un moyen existentiel, surtout lorsqu’aucun méfait n’est encore survenu.
La semaine prochaine, sur ce site, à la page D’un verre à l’Autre, consacrée au livre 1, je proposerai une première partie du texte « Interprétations et dévoiements sémantiques » du chapitre 8 « Méconnaissances et incompréhensions ».
