Confrontations au réel et promotion de la santé

Bonjour!

Dans le domaine de la prévention, le concept de psychotropie peut être d’un précieux concours, notamment par la délivrance d’un message en deux volets. Mais il permet aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives en promotion de la santé. Pour les discerner, il est intéressant de considérer l’évolution d’une problématique d’alcoolisation dans le long cours.

Dans ces configurations d’alcoolisation, le recours à la psychotropie se présente dans un premier temps comme une substitution aux ressources de la personne, substitution plus ou moins importante et qui peut devenir mortifère chez certaines personnes. Au cours de ce processus, les effets psychotropes s’étiolent peu à peu tandis que le produit prend une place croissante dans la vie de la personne du fait de la tolérance[1]. Les propriétés toxiques vont alors prendre le pas sur les propriétés psychotropes. Après avoir répondu de manière positive, parfois pendant des années, le recours au psychotrope finit ainsi par générer des désordres sur un plan ou sur un autre, voire sur l’ensemble du plan biopsychosociologique.

La vie peut alors devenir un véritable recroquevillement, une fermeture à soi et à Autrui. La psychotropie qui se présentait comme un moyen de s’inscrire dans une logique d’épanouissement – aspiration propre à tout être humain – s’est finalement retournée contre ces personnes.

A ce stade de leur histoire avec le psychotrope, la question est bien pour elles, en premier lieu, de retrouver leurs ressources propres et de les mobiliser à nouveau pour régler tous ces désordres, de plus en plus nombreux et de plus en plus graves. Chemin faisant, elles pourront être à nouveau en mesure de développer leurs potentialités.

Une nouvelle logique d’épanouissement peut de la sorte s’ébaucher hors l’usage d’un psychotrope et ce qui apparaît ici évident pour des personnes alcoolo-dépendantes peut aisément se comprendre pour tous : « être acteur de sa vie » et en particulier de sa santé est en effet équivalent à « mobiliser ses ressources propres » et cette posture écarte l’utilisation de substances psychoactives.

Autrement dit, hors les considérations addictologiques, pour toute personne, dans tous les domaines de sa vie, l’utilisation de ses ressources propres signe son inscription dans une logique d’épanouissement. En corollaire, tout ce qui l’incite à utiliser ses ressources propres est de nature à la détourner de l’usage d’un psychotrope.Cette conjonction donne une piste importante pour la promotion de la santé[2] : favoriser tout ce qui conduit la personne à mobiliser ses ressources et, ainsi, l’aider à devenir ce qu’elle est.


[1] Tolérance = augmentation des doses pour obtenir les mêmes effets.

[2] Promotion de la santé conforme à la définition donnée dans la Charte d’Ottawa de 1986 : « bien-être complet de l’individu ». Voir la version française du texte intégral de la charte : https://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0003/129675/Ottawa_Charter_F.pdf


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